Platon – Initiation – Variations

Lorsqu’il m’a été proposé de choisir un thème de réflexion qui pourrait servir d’exemple pour faire dialoguer toutes les cultures, animé d’un réel sentiment d’échange et de partage, afin qu’enfin cesse les apartheids, les exclusions sous les plus fallacieux prétextes, j’ai Platon-02pensé à Platon …

Pour trois raisons

1 : Parce qu’il représente la sagesse d’un peuple qui fut à l’origine de toute l’évolution philosophique, métaphysique et mythique de notre civilisation Occidentale

2 : Parce qu’il a très certainement pénétré en profondeur l’essence philosophique, métaphysique et mythique de l’Egypte ancienne  …

3 : Parce qu’il a profondément impacté certains Rites Maçonniques : les Rites dits Egyptiens et notamment le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Un homme qui insuffla une saveur, un parfum qui, s’ils étaient réintégrés dans notre vision quotidienne constitueraient une source de solutions possibles pour l’organisation sereine de notre humanité.

Pour ne parler que du Rite Egyptien que je connais le mieux, je puis affirmer que Rite Ancien et primitif de Memphis Misraïm me semble, plus que tout autre,  intégratif de tout ce qui peut décrire l’Homme dans toutes ses parties

Notre 21ième siècle, nous le constatons hérite après le siècle des lumières … des diverses révolutions pré-post industrielles … de l’omniprésence des systèmes de stockage des données sous toutes leurs formes (Données, Vidéos, Textes, Documents … ) … d’une Information temps réel … des technologies de communications de plus en plus sophistiquées … leur mariage faisant de notre monde actuel un vaste réseau interrelationnel, inter-communicationnel plus mis au service de certains profits qu’au service de l’homme dans son statut d’être intelligent, sensible s’épanouissant dans un environnement « cosmo-tellurique » naturel où, harmonie universelle et étincelles de vie se développent selon une équation conforme au fondement de la création des mondes manifestés …

Qu’avons-nous perdu ? Plus qu’une parole sans doute, le souvenir même de nos origines. Plus encore … la conscience même de notre interdépendance et la conviction d’être le réceptacle d’une unité … incompréhensible dans notre statut d’être incarné..

Il est consternant que cette totalité éclatée en multiples expressions de vie ne puisse plus qu’incarner un regard centripète (c’est-à-dire un regard qui ramène tout acte à un service à soi et non un service à autrui) sans penser que le « Tout est bien plus important que la somme des parties » !!!

Quand, l’homme d’aujourd’hui pensera-t’il appartenir à un monde où tout relève d’une systèmie magnifiquement ordonnancée … qu’elle soit rationnelle ou … irrationnelle.

Irrationnelle ? … oui,  car cette notion est toujours temporaire et s’actualise avec l’évolution de nos « savoirs » de la « connaissance » acquise grâce à nos efforts d’intégration des résultats de l’expérience personnelle mais, aussi, grâce aux résultats de nos scientifiques en recherche fondamentale qui réduisent toujours de plus en plus l’empire-l’emprise de l’ignorance …

Contrairement à beaucoup en son temps Platon est l’homme qui accepta de confronter sa propre culture à une culture d’une très haute valeur philosophique, métaphysique …

L’homme social, Politique, philosophe … épris de Vérité et d’Opérativité « Sociétale » comme l’on dit aujourd’hui se confronte au monde du subtil … aux articulations « divines » …  Comment se conjugue « Pouvoir Royal » et « Pourvoir sacerdotal » … Socrate connait la sanction pour avoir traité de cette question !!!

L’homme authentique doit-être imprégné des deux afin que le pouvoir de gestion de la cité rencontre et intègre la Vérité qui s’impose à tous puisse qu’elle est issue du « Principe des principes » … le quel préside à une mécanique de « Causes à Effets » ou « d’Action – Réaction » (Kybalion)

Si l’on approche le parcours de Platon, l’on peut affirmer qu’il sera le premier à être situé à ce carrefour où ces pouvoirs loin d’être antinomiques pourraientt se parler voire même se conforter mutuellement  …

Pour examiner ce sage parmi les sages je me suis inspiré des auteurs suivants :

  • Jean Marc Font  un ami du Président d’Honneur du Souverain Sanctuaire Khorshed (OIAPMM) Guy Renaudin. Il a écrit un livre sur « les Grands Textes de l’ésotérisme »  (Edition Trajectoire).
  • Une étude de Roger Godel & François Daumas sur Platon à Héliopolis … Roger Godel était Cardiologue, Philosophe et Spiritualiste. Il a beaucoup traité de la réconciliation entre la pensée Indienne – Socrate et de Platon … belle passion s’il en est … il est né en 1898 à Londres et investigua l’Égypte dans les Années 1950. François Daumas, quant à lui, était Directeur de l’Institut Français d’Archéologie Orientale au Caire de 1959 à 1969 … il est né le 3 Janvier 1915 à Castelnau-le-Lez. Le centre d’Egyptologie de l’Université Paul Valery de Montpellier III porte son nom…
  • La thèse de Mr Fréderic Mathieu de la même faculté de Montpellier III de l’UFR Lettres, Arts, Philosophie et Psychanalyse.
  • Un exposé de Marconis de Nègre qui opte pour la réalité de l’initiation de Platon par les prêtres Egyptiens « Aux approches de la 91ième Olympiade, Platon, disciple de Socrate, vînt le long du Nil étudier la Théosophie et demander la révélation des pieux Mystères … »
  • Une reconstitution à partir d’auteurs de grande qualité philosophique comme Jamblique, Proclus, Plutarque … Eliphas Levi et un frère éminent encore de notre Rite Papus (Gérard Encausse) … une reconstruction présentée par un auteur Charles Lancelin qui est avec Alain Kardec un occultiste spirite né en 1852 spécialisé dans l’occultisme, le Chamanisme, la Métapsychique, la parapsychologie mais qui garde raison !!!. Le texte évoqué se trouve dans son livre Occultisme et Sciences (Écrit en 1926)
  • Le rituel venant des Frères Français Charles et Auguste Beaumont et traduit en Anglais par John Yarker ( Pièce en 3 Actes qui fut joué à Paris en 1867)
  • Robert Bauval et son très intéressant livre « le code mystérieux des Pyramides » …

Ainsi mon inspiration pour cette méditation nous amène à côtoyer des personnages de hautes qualités, tous connus pour leur sérieux et leurs démarches authentiques …

Ainsi, Platon est né à Athènes en -427 dans une famille aristocratique apparenté à Solon (-640 Athènes,-558) et à Critias (l’un des 30 Tirans)  (-460 Athènes,-403)… Un contemporain de la démocratie Athénienne … il fut l’élève de « Cratyle », disciple « d’Héraclite »  … médita sur Parménide, adversaires jurés des Sophistes … se frotta à l’influence Pythagoricienne et son « Que nul n’entre ici, s’il n’est Géomètre »  assertion qu’il fit buriner au fronton de son Académie  … il fut bercé par la poésie d’Homère, apprit la musique en jouant de la flute et de la cithare, cultiva son corps en bon athénien en pratiquant la gymnastique.

Platon reçut, donc, une éducation hors norme qui se termina, au moins pour ce que l’histoire nous en dit par la formation que  Socrate lui donna … Sa rencontre avec lui est située en -407.

Platon est considéré comme l’initiateur de la Philosophie Occidentale … il écrivit « ses dialogues » magnifique source de sagesse. A la mort de Socrate (-399 condamné à boire la ciguë pour avoir voulu prôner une démocratie sans les « Dieux » ainsi que « la nécessité de penser les affaires d’Etat à l’aune de la Justice » … la Philosophie et la Gestion de la Cité, manifestement, ne sont pas compatibles pour le citoyens d’Athènes !!! ) .

Platon rencontre Euclide à Négare où il s’est réfugié. Euclide y avait fondé une école Mégarique.   Puis  il voyagea en Egypte, en Italie et en Sicile et revint, après un long périple tel Homère,  à Athènes (-387) où il fonda une école de tradition Pythagoricienne : l’Académie… Il eut dans son école, entre-autres le remarquable Aristote sur lequel toute la scolastique médiévale fondera son enseignement !!! …

Durand ses voyages il rencontra en Italie à Tarente, exactement le Mathématicien Pythagoricien « Archytas » qui l’influença beaucoup sur son « orientation de Pensée » … puis direction la Sicile en réponse à l’invitation de « Denys 1ier dit l’Ancien », le puissant tyran de Syracuse … Platon cherchera à le convaincre de lier « Philosophie et Politique. La leçon ne fut pas très efficace car Denys 1ier le fait embarquer de manière musclée et sans discussion sur un navire spartiate qui le débarqua dans l’île d’Egine. Le problème est que l’île est alors en guerre contre Athènes … dès lors, Platon sera fait prisonnier et sera vendu comme esclave … il ne devra sa liberté qu’au Cyrénaïque Anniceris  …

Ainsi, Platon, comme ami de la sagesse, est, tout à fait, en mesure d’exprimer un ensemble de réflexions qui contient une doctrine couvrant à peu près tous les domaines : Social, Politique, esthétique, scientifique même et particulièrement Mathématiques. L’on pourrait même dire, déjà, métaphysique  …  en Effet Platon se fit l’héritier d’enseignement très ésotérique ayant été, cela ne fait, aucun doute, initier dans les Sanctuaires Egyptiens et notamment Héliopolitain … « Métaphysique » et « Mythique » devenant une part importante de la connaissance de Soi et des Dieux …

Ici, est énoncé, des Dieux mais, il est clair qu’il s’agit, même à cette époque, de « Monothéisme » et non pas ce que l’humanité a faite, ensuite, les Monothéismes que l’on associe souvent « aux religions du livre » …

Concernant l’initiation (terme générique) de Platon rappelons que dans deux de ses dialogues (Le Critias et le Timée) il nous informe d’une vérité qu’il voudra historique … celle transmise par d’anciennes traditions qui relatent un temps (voire l’aube des temps) où exista une civilisation Mythique « l’Atlantide » …

… L’Atlantide, le Pays de Mu … la tradition Primordiale … le Roi du Monde … reste pour nous, encore, étrange …

Mythe ou réalité … le débat reste … ouvert

Platon sera l’homme de toutes les questions fondamentales concernant l’Homme dans son désir d’être vrai, conscient de ses propres potentiels. Son désir, aussi, de se relier à une histoire (la recherche de ses origines) qui lui semble être rattachée à une harmonie source de justice et de connaissance.

Sans préjuger de la suite de notre raisonnement, à ce stade, nous pouvons, déjà, dire que la philosophie Platonicienne est un repère incommensurable car nous sommes situés au moment où tous les modèles conceptuels liés à la description du monde restent « ouverts » et n’ont pas encore été investis par les funestes « Mythologies Gréco-Romaines »

Il y a chez Platon la conviction que l’univers fut une œuvre qui est Naturellement issue d’un dieu immanent et que cette création est nécessairement la plus belle possible et la plus ajustée  …

I. Platon à Héliopolis

Pour partager, avec le lecteur, la découverte de Platon, j’ai, donc, choisi Trois passages à commenter :

  • Le Premier sera un moment d’échange entre Platon et un Prêtre d’Héliopolis …
  • Le Second sera un passage de la cérémonie présumée qu’aura reçu Platon en Egypte …
  • Le Troisième sera le passage d’une des Portes …

Premier passage :

Platon semble de façon certaine avoir été en Egypte … le pays d’Imhotep (autrement dit « Celui qui vient en paix » et ceux qui l’accompagnèrent dans son incroyable histoire de « bâtisseur »  les « Iountiou » (ce sont les égyptien du Sud Sinaï) au temps de Djoser (IIIième  Dynastie)

C’est semble-t-il la période la plus riche du point de vue philosophique et mythique …

Platon (et son ami Eudoxe de Cnide) se fixa dans le Foyer d’Héliopolis (lieu que fréquenta son ainé « Strabon ») … foyer qui offrait aux savants les ressources les plus fiables et les plus riches … l’étranger pouvait après moult précautions et notamment « la confiance » consulter (par personne interposée : … des figures « silencieuses  des prêtes ? ») les bibliothèques d’une valeur inestimable parce que comprenant des millénaires et des siècles d’observations, d’analyses, de découvertes. On y trouvait là des transcriptions d’ouvrages précieux. Les domaines traitaient de la Philosophie, bien sûr, mais aussi de médecine, d’astrologie, de mathématiques et de sciences religieuses

Ici la tradition métaphysique restait vivante au travers de ces silencieux … « la Substantifique Moelle » n’était pas encore pervertie. Les Sanctuaires Égyptiens correctement gérés entretenaient des centres de diffusion de la culture au travers d’institutions érudites connue sous le nom de « Maison de Vie »

Le disciple de Platon, « Hermodore »  certifie que son maitre s’est bien entretenu de façon régulière avec des hauts dignitaires d’Héliopolis dès lors il serait naturel que son Maître eut pu recevoir de ce fond commun parfaitement unifié

Platon Poète et ami de la Sagesse, savait de quel pouvoir évocateur les mythes peuvent être pourvus quand une tradition sans conteste en garantit la valeur enseignante.. Socrate enseignait que « ceux qui, au sens droit du terme, recherche la sagesse, réellement, s’exerce à mourir » …

Au moment où Platon s’imprègne du lieu d’Héliopolis … il pense qu’il sera indéfectiblement fidèle aux méthodes d’investigation que lui a préconisé son maitre … c’est-à-dire usage d’un « Esprit Critique »  … il ne se voit pas faire un pas vers des cérémonies ésotériques, ni aux magies connues des prêtres Égyptiens … ni aux ténèbres de l’Initiation … Platon préfère la « raison claire » et la lumière « d’Apollon »

Rendre compte de l’évolution des Sociétés voilà ce qui intéresse Platon … le lien entre Médecine, sciences de l’Homme, mais dans son entier c’est-à-dire dans sa capacité d’investigation objective mais aussi par l’approche des grandes lois qui régissent la vie intérieure … sur ce plan Platon prend de la distance avec Socrate … Voilà qu’un triptyque apparait :

Sciences – médecine – Métaphysique

Ce sera, bien l’art des Grands poètes et examinateurs de Mythes tel que Platon que de savoir réverbérer des profondeurs l’écho d’une vérité cachée « Alethia » et de rendre intelligible à l’Homme sa propre équation …

Selon Platon l’homme et la femme furent à l’origine un seul et même être … cet être était donc « Androgyne » … la séparation fut relatée par un autre mythe que nous n’aborderons point ici

Alors que Platon avait reçu les initiations les plus complètes en Grèce grâce à Socrate, notamment, pourquoi devrait-il interroger une culture étrangère ?

Sans doute est-ce la tâche dévolue à chaque disciple de consacrer sa vie à la recherche d’un grand dévoilement !!! … Comment l’âme d’un philosophe s’exerce-t’elle à mourir ?

Nous voici, cependant, à Héliopolis … la chambre de Platon est près du Temple de «  » … C’est la terre du Roi Djoser et d’Imhotep, nous l’avons dit, un sage de la tradition ancestrale la plus pure …

Le mythe accomplit son travail d’éveil de la conscience …

Imhotep est l’âme du Roi … son temple (Saqqarah) … est, alors, en chantier pour la construction d’un temple destiné au Culte du Soleil

Un prête d’Héliopolis évoque … Des remparts … à l’intérieur un bassin « Qebehou » … il contiendra les eaux primordiales  « Noun » réceptacle des forces en attente … réservoir du ou des mondes à venir … lieu d’où la création a émergée … le commencement des temps.Imhotep-Djoser-Saqqarah-03

Donc un bassin consacré aux ablutions … à la régénération des êtres …

Introduisons là une explication  … par une explication possible du commencement des temps … référence burinée sur la stèle située entre les pattes du sphinx … et sa légendaire injonction «  Savoir, vouloir, Oser, se taire »

Guiezh-Sphynx-02Selon les calculs présentés par Robert Bauval ce « commencement des temps » ou vc fb« Zep Tepi » au lieu et place de la nécropole de Memphis et d’Héliopolis nous amène à une symbolique impressionnante pour imager cette relation entre l’homme et ses origines.

Robert Bauval écrit : « Toute littérature de l’Egypte antique – des Textes des Pyramides de l’Ancien Empire aux textes hermétiques de la période Gréco-Romaines … fait référence à l’Égypte en tant qu’image des cieux. Son principal attribut le Nil s’écoule du Sud vers le Nord et, dans le cadre de cette conception, peut être mis en corrélation avec l’élément le plus important du paysage céleste (au moins pour notre planète) : la « Voie Lactée » … Par conséquent, est-ce une coïncidence si la voie lactée « coulait » elle aussi du Sud au Nord vers l’an 11541 avant J.C …. Si l’on reconstitue l’image du ciel à cette époque, les trois étoiles de la ceinture d’Orion et les trois Pyramide de Guizèh forme un angle de même valeur avec le méridien (terrestre et céleste) et que l’image de la zone triangulaire encadrée par Orion, les pléiades et le Lion (Constellation) ressemble étrangement à celle situé entre Guizèh, Memphis et Héliopolis. En effet, il semble que la région céleste en question, appelée « Douat » ait été « reproduite » dans la région de la nécropole de Memphis où se dresse la Pyramide à degrés »

Plus, encore, si les Pyramides de Guizèh rappellent les étoiles de la ceinture d’Orion, celles d’Abousir près de Memphis, les Pléiades et … Héliopolis, le Soleil dans le Lion … en ce temps-là, homme assista au premier lever héliaque de Sirius au solstice d’été. Ces lieux étaient-ils, eux aussi, des centres où l’Ordre Cosmique était régulé sur Terre ?

A côté de l’étang, un tertre « Qa ». C’est un haut lieu en miniature ou « la colline de la première fois où « Ré » se pose à l’aurore … au milieu du tertre « Ben Ben » … là il prend son envol pour décrire sa course diurne … tel un étrange oiseau de rêve (le phenix) …

Ainsi le navire du matin « Mendjet » porte le Soleil sur l’océan du Ciel  … un autre vaisseau le transportera vers les ténébres « Meskhet » …

Pour Platon, attentif à la mémoire et aux mythes, voilà une représentation symbolique naturelle qui ne lui échappera pas …

  • Allusion aux cycles de la vie …
  • A la régénération dans les forces invisibles et des énergies latentes …
  • La résurrection et les constats des vicissitudes nocturnes … et une mort illusoire …

Dans la présentation des « premiers temps » nous aurions pu préciser une des grandes obligations de Pharaon : c’est, de façon régulière, de prouver rituelliquement ses capacités ZepTepi-01de « pharaon ». Pour cela il devait réussir des épreuves précises lors des fêtes du « Heb-Sed » …

Le binôme Roi-Prêtre formait alors une unité de Gestion de l’Humanité au service d’un Grand Œuvre inconnu des Hommes … Imhotep était, alors, un génie incarnant l’Architecture et dans le même temps la Métaphysique … Sa pyramide sera un lieu de l’Esprit … la demeure de l’Éternité, le principe de Clarté … la symbolisation de l’Homme qui à sa mort passe à son « ka »  c’est-à-dire à la source universelle …

C’est pour exprimer ceci (désincarnation et réincarnation) que la pyramide construite n’aura que 6 degrés.

Imhotep apporte au Roi un fondement Trinitaire :

MORT – ETERNITE – LUMIERE

Dès lors, un lien lumineux liait l’Homme mortel à l’éternité … des statues du défunt sont imprégnées du souffle vital  … l’âme « Ba », voyageuse … le souffle « Akh » constitue l’essence de l’être  … ici pas l’ombre d’une religion !!!!

Sous cette influence le Roi-Pharaon devait incarner nécessairement la Justice, la Vérité, la Loi Vivante, l’Ordre et l’Equité … …

Pour Platon, 2500 plus tard, Héliopolis était encore la source … le « Verger de la Sagesse »

Les plus célèbres y auront voyagé :

  • « Solon » (-640,-558) Athénien, législateur, Poète, Homme d’Etat …
  • « Pythagore de Samos » (-580,-495) le chantre de l’Ethique, la Logique, les Mathématiques, la Musique, la Philosophie, la Politique, le Philosophe Pré-Socratique
  • Hérodote Halicarnassien (Turquie)  (-484,-420), Historien, chroniqueur de l’époque, géographe, analyste politique … Démocratie, Oligarchie, Monarchie
  • « Démocrite d’Abdere » (-460,-470), philosophe matérialiste … le premier des atomistes …. « l’idée de l’insécable » …. Inspirateur de la « doctrine « physique des signifiants »
  • « Socrate »  (-470,-399) connu pour la fondation d’une philosophie morale et politique …. il aura pour disciple Platon que nous étudions mais aussi « Xenophon »
  • « Manéthon de Sebennytos » qu’il nous faut ajouter … c’est un prêtre Egyptien qui vécut au 3ième Siècle Avant J.C sous le règne de Ptolomée II … historien mais aussi gestionnaire de la grande bibliothèque d’Alexandrie (-288, -48 année de sa destruction) … Il écrivit de nombreux documents que l’histoire nous rapporte : AEGYPTIAKA, un livre Sacré, Epitomanie sur les doctrines physiques, un livre de Sothis …

Ainsi lorsque Platon visite Héliopolis, la sagesse et ses fondements posés par Imhotep semblent avoir disparu au profit d’une société organisée en de nombreuses Castes.. L’on dit que Platon savait rire sans vulgarité …. Mais au spectacle de la comédie humaine, sa présence, pendant trois ans, à Héliopolis n’était pas là pour voir des marionnettes sur un théâtre d’ombres  …

Aussi rencontra –t’il, dans ce foyer d’agitation « le silencieux » qui selon Hermodore, son disciple, aurait atteint les plus hauts enseignements de ces savoirs et de cette connaissance  … La rencontre avec les dignitaires d’Héliopolis ne fut pas si simple … fut’elle l’œuvre de Manéthon ?   Peu importe …

Les autres sages grecques auraient, en son lieu et place, été des exégètes qui se seraient Athena-Grece-01fixé, comme objectif, l’interprétation des mythes et des rites approchés en termes métaphysiques et, sans aucun doute, auraient-ils été tenté de faire des parallèles quelque peu simplistes à des fins d’assimilation partisanes :

  • Neith de Saïs aurait pu correspondre à Athena …
  • Horus à Apollon
  • Thot à Hermès !!!

Platon ne souhaitera pas faire cette démarche il se fixera comme tâche la découverte des contenus essentiels des sources qui lui seront transmises afin d’en tirer le

Vrai, le Beau, le Bon, le Véridique

A la question : Après le fabuleux enseignement Socratique, Platon avait-il besoin de se lancer dans des équivalence  entre culture Grecque et Égyptienne  ?.

La réponse sera pour Platon de se mettre en position immersion culturelle afin de ne pas échapper à une découverte essentielle … il emploiera, dans sa boite à outil, les arts discriminatoires qu’il avait appris et que l’on peut nommer « royaux » :

  • La Dialectique …
  • L’accès au Mythe …
  • La Sciences …
  • La poésie …
  • La Fable …
  • L’action exemplaire …

C’est le langage et ses sources … un langage tourné vers une « entente universelle » … y compris sous forme Mythique et Rituelique … Platon voulut en extirper une « véritable sémantique », une « véritable racine archétypale » …

Cette façon de pénétrer le langage dans cette situation de « biculturalisme » s’appelait « l’amitié » (la Fraternité ?)

Selon Platon : « les maux ne cesseront point pour les hommes avant que la race des purs et authentiques amis de la sagesse n’arrive au pouvoir ou que les chefs des cités, par une grâce divine, ne se mettent véritablement à philosopher »

Platon resta 3 ans à Héliopolis … trouvât ’il l’ami silencieux pour le faire entrer dans le temple ? Nous n’en seront jamais sûr tant il garda lui-même le silence sur cette vérité … sans doute avait-il respecté son serment fait au sein « d’une maison de vie » (Curieux parallèle avec nos loges maçonniques et notre serment de silence !!!)

Cet ami silencieux l’introduisit-il dans ce temple, jusqu’au cœur de la cour ouverte, à l’instant où le soleil sort, en grand mystère, de l’eau primordiale ? … Tout homme devait être pur pour cela. Il fallait être un être ouvert au langage des signes cosmiques et qui voit, dans l’émergence du soleil sur l’horizon, la figuration d’un grandiose événement. Cette pointe de lumière brise l’horizontale  … elle prépare la trajectoire montante. Une soudaine rupture de continuité disloque le monde avec la venue d’une dimension nouvelle …

Socrate, son Maitre, avait subi la force persuasive d’une aube à l’autre … Pendant 24 Heures, devant « Potidée », son corps avait pris racine en stase verticale, semblable à l’arbre, soumis au phototropisme de l’Esprit …

Ce sera l’instant où la lumière envahit l’homme et où le Vent nouveau chaque matin lui insuffle l’énergie de vie nécessaire … sensation qui envoutait Socrate. Son regard découvrait dans la montée du ciel visible le jaillissement d’une source invisible de clarté  … mais ce n’était point le globe de feu suspendu sur la terre qu’il saluait c’était la suprématie de cette intelligence pure « le Nous » , principe intelligible dont l’émergence illumine les horizons …   Quand l’homme oriente, avec persévérance, son regard au-delà de lui-même et pénètre au-delà des forme sensibles une aube intérieure lui apparait …  prélude, assurément, à la venue du plein jour et au « réveil » (à l’éveil) véritable.

Ainsi Platon introduit par des hommes absorbés par le silence  intérieur … ces silencieux … l’auront entretenu d’une vérité semblable …

Sous l’apparence du Soleil levant, c’est une lumière invisible, la source du savoir « Sia », l’origine de la création « Atoum » que le rituel du Temple glorifie par ses Hymnes …

A l’aube le lac de « Qehehon » reflète l’incertitude originelle d’une lumière encore unit à la nuit … Platon approche de ces eaux … dans leur abime que recèlent-elles ? Ce germe indifférencié de toutes formes à venir, en couple invisible.

L’Océan sans forme et la matière primordiale dans leur double aspect masculin et féminin (« Noun » et « Nounet ») … Illimité, l’infini dans sa « coulée » cherche sa voie (« Houh » et « Haouet ») … l’obscurité, la ténèbre (« Kou » et « Kaouet ») … le Secret, l’Indénombrable (« Amon » et « Amaouet ») …

La montée dans le ciel le perche sur l’Obélisque, « Ben Ben » agite la flamme de ses ailes contre les nuages  … dès lors les hymnes exaltent le phénix renaissant.

Dieu vient de se recréer lui-même, même par son propre mouvement hors de l’abime où sa nature incréée demeurait dormante. L’oiseau de feu attire sur lui tous les regards. Perché sur la « colline de la première fois ». En chacun, se réveille le souvenir d’un trait de feu qui se perdit dans la brume des commencements.

En lui attribuant le rôle de la création, le Soleil fut nommé « Atoum-Ré »… Celui qui n’existe pas encore … celui d’avant la création … celui qui inclut tout dans la vacuité.

Totalité, Parachèvement, Fin

Ayant puisé à la source de son être l’essor qui l’emporte … le Dieu parcourt, alors, en gloire l’Océan des Voûtes … les barques « Mendjet » puis « Meskhet » le font naviguer au travers de étoiles entre « Infatigables » et « Indestructibles » …

Nous le voyons si l’âme du Poète Platon est très certainement satisfaite, le philosophe l’est-il ?

La frange de lumière est bien la connaissance créatrice ou la pensée dormant au cœur des êtes « SIA ». La « conscience première » dont la connaissance ou l’appellation vraie reste, cependant, cachée !!!

Ce trait de lumière est l’ordre Cosmique … c’est l’Ordre du monde ….

La Vérité – La Justice – Maat

C’est un langage qui interpelle Platon mais ne l’informe point sur ce qui se passe après … comment ce monde va-t-il naître ? Comment va-t-il s’épanouir ? et sous quel mode ?

L’ami silencieux Egyptien pose, alors son doigt sur le cœur puis ce même doigt clos les lèvres …

La connaissance se relie au repli du cœur humain … le chemin est court vers la bouche … l’Homme est tenté d’exprimer l’univers en paroles. Son autorité verbale « Hou » commande l’acte et construit le monde. Mais la parole émise ne revient jamais plus à son point de départ !!!…

L’énigme de la création ne peut pas s’exprimer par des mots … seul le poème des sagesses aideront à percer le mystère …

O toi qui emmènes l’eau dans un lieu éloigné

Viens et Sauves moi qui suis silencieux

Thot, Fontaine douce à l’homme altéré dans le désert

Elle est fermée pour celui qui trouve ces paroles,

Elle ouverte pour le silencieux

Il vient le silencieux et il trouve la Fontaine

Pour Platon, les entretiens, avec Socrate, sur la mort conduisaient à une descente semblable au cœur du savoir … Qui aime la sagesse fait de la mort sa grande préoccupation.

Dans le Phédon, le Phèdre, le Gorgias se sont les grands thèmes de la Justice et de la mort qui unissent leurs voix à la manière des Prêtres Egyptiens  … il sera impératif de se tourner vers sa connaissance intérieure  … « Connais-Toi, Toi-même, et tu connaitras l’Univers et les Dieux » … c’est, aussi, « connais l’être Intérieur sans jamais repousser le bras du seigneur de la main »

Seule une vie conforme à la justice « Maat » et conforme à la Vérité de la loi cosmique conduit l’homme au terme paisible … (Thèse du Gorgias, de la République, de l’Apologie, et du Phédon)

Ton âme « Ba » va, sans doute, vers le plan qui lui est familier..

Aussi soigne ta demeure de l’Occident

Embelli ta place de la nécropole

Par la droiture et par l’exercice de la Justice

Ainsi, de la Mystique Héliopolitaine, il ressort un élan d’ascension de Platon … en Sagesse et en Beauté..

L’union de la Sagesse et du Pouvoirs de la gestion des affaires de l’Etat est loin de la sphère décrite par Socrate … pour Platon Imhotep saura rassembler les deux … nous y trouverons :

  • Le Culte du Principe Lumineux  « Re » … concluant à une même source unique … et impliquant « un regard vers le Zénith d’un soleil de l’Esprit »

Un Esprit de la verticalité qui conditionne les parties de l’être les plus subtils

Au sien même des phénomènes psychiques mais aussi une verticalité qui serait le fondement et condition,  même, de l’éveil ou de la métamorphose

Une verticalité de l’être suppose qu’il ait, aussi, une horizontalité

> Sur un axe ascendant vertical nous notons : l’Intelligence, l’Intelligibilité, la désensorialisation pour accéder aux structures subtiles de l’être, aux essences impalpables … Le langage est alors celui de la mathématique, de l’épistémologie en alerte (Culture du doute) … L’abstraction

> Sur un axe horizontal nous pourrions y placer le tropisme tendant vers les nécessité terriennes, voir souterraines, Chthonienne … l’esprit se cristallise et devient matière, masse, compacité, addiction aux données familière à la sensorialité

Platon expliquera « qu’au fur et à mesure que le courant spirituel se détourne de la direction verticale et se couche sur l’horizontale la substance des êtres s’imprègne d’Ombre, de magie et d’Occultisme »

  • La justice et l’équilibre Cosmique  « Maat »
  • L’Aspiration à une vie posthume avec la croyance dans une âme pour partie Immortelle
  • Une Ethique sociale tendant à la verticalité …
  • Une représentation architecturale … la pyramide à degré appelant à des cycles … et des cycles de renaissance

Le théologien d’Héliopolis refuse de considérer la mort comme une réalité de fait … il en nie la réalisation. Jamais la lumière, symbole de la connaissance ne s’éteint. En plongeant dans la source indifférenciée où la pureté se régénère et prépare le retour en gloire. De la loi cosmique, forme de toutes les formes, émane le monde. Elle commande la justice et en poursuit l’accomplissement dans un équilibre sans cesse rompu  mais qui sans cesse rétablit les contraires. L’éternité du principe lumineux fonde la métaphysique Héliopolitaine.. mais celle-ci, si éblouissante soit-elle pour un regard humain, laisse transparaitre  une âme universelle « Ba-Demedj » , esprit unique, et caché à la perception grossière des yeux

Pour terminer cette partie … l’initiation de Platon devait, naturellement le mener vers une certaine idée de l’âme … il conclut en une Tripartition

Sans trop développer voici ce qu’il en dit dans le Phèdre :

Dans l’âme :

  • Ce qui est divin, le « Nous » est l’Esprit ou « Logistikon» … c’est aussi la raison-raisonnable, l’intelligence, la sagesse … il siège dans la Tête … Cette partie de l’âme est immortelle et divine
  • Puis le « Thumos», le Souffle, le sang, qui est l’Ardeur, la passion noble, l’homme résolu … c’est aussi la partie irascible de l’être, la volonté, le courage … le siège en est la Poitrine
  • Enfin, « l’Epitumia» là se gîte les causes de appétits et des pulsions irrationnelles (désirs, convoitises, passions, affects, …) … c’est la partie concupissable … le siège est dans le ventre

L’âme libérée du corps est assimilée à un attelage céleste formé par deux coursiers conduits par un cocher

Le cocher, naturellement, est « Logistikon » … le premier cheval est de race et sera « Thumos » car il sera tête bien faite, bien pleine et attentif aux ordres du Cocher … le deuxième cheval sera « Epitumia » mal dégrossi mais surtout quelque peu acariâtre n’obéit qu’à l’aiguillon et au fouet ….

Dès lors dans l’idée qui faille porter dehors ce que sagesse apporte en dedans Platon utilisera cette vison pour définir le bon gouvernement de la Cité

N’appartient-il pas à la raison de commander puisque c’est en elle que réside la sagesse … et qu’elle est, de surcroit, chargée de veiller sur l’âme tout entière ? N’est-pas à la colère d’obéir et de la seconder ? De la même manière qu’en l’Homme juste, la partie rationnelle « le Logos » doit guider l’âme, supplée par l’ardeur « Thumus » et dominer les appétits … de même la Cité doit être gouvernée par les impératifs du « logos », par les gardiens ou même selon les lois par un « collège nocturne » , voire putatif « Philosophe-Roi » …

Nous avons là, chers internautes un os à ronger dont la substantifique moelle nous sera présentée sur le parcours offert par le Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm car Pouvoir sacerdotal et pouvoir royal peuvent-ils être réunis ?

II. Platon … Fragment de Cérémonie

Je vous propose, maintenant, d’écouter une partie du rituel des deux frères Charles et Auguste Beaumont que John Yarker (33°90°96°) avait traduit en Anglais

Nous prendrons le Troisième Tableau

Platon a réussi les épreuves les plus diverses … toutes les faiblesses potentielles d’un Homme furent évaluées drastiquement y compris celle de l’amour … en effet l’intelligence et la beauté réunies en un corps de rêve pouvait bien faire tomber Platon dans une situation fort délicate pour son avancée spirituelle … et même pour sa vie..

Platon est maintenant devant la porte du Sanctuaire …

Premier Patriarche : Quel est le mortel insensé qui vient, ainsi, troubler nos mystères ?

La Céryce : Sublime Patriarche, c’est le néophyte Platon d’Athènes, il Porte le Rameau d’Or.

Premier Patriarche : Qu’il entre, si sa conscience est pure !

… Le néophyte entre

Premier Patriarche : Arrêtes ! Que demandes-tu ?

Platon :  La révélation des mystères.

Premier Patriarche : Qu’as-tu fait pour mériter une si éclatante faveur ?

Platon :   Je n’ai fait sciemment aucun tort à personne ; et je n’ai jamais oublié le respect que je dois à mes semblables, ainsi qu’à moi-même, sans un profond repentir. J’ai suivi les leçons du stoïque Socrate, et parcouru le monde en m’efforçant d’acquérir quelque sagesse. Après avoir assidûment écouté les prêtres de cette Terre d’Égypte, à jamais célèbre, je suis descendu au sombre empire de la mort. Là, j’ai interrogé d’illustres ombres, ou plutôt recueilli leurs sentences lumineuses ; puis j’ai traversé des flammes, combattu et tué dans sa caverne le monstre des ténèbres, le génie du mal. Ayant, ensuite, remonté le cours d’une rivière à la nage, et gravissant un escalier qui se dérobait sous moi, je suis parvenu dans un lieu de délices, où des beautés aux seins nus m’ont tendu les pièges de l’amour : de là je fus conduit, ici.

Premier Patriarche : Approche et sois sans crainte. Quelle est la plus belle, la plus noble étude que puisse faire l’homme en passant sur la Terre ?

Platon : Celle qui a pour Objet de savoir ce qu’il est, d’où il vient, où il va, ce qui le conduit à rechercher les lois de la nature, en lui et hors de lui …

Premier Patriarche : Isis et Osiris, la Lune et le Soleil, symbolise tous deux la nature ; lorsqu’on la représente par Isis, un voile la couvre ; quel en est le sens ?

Platon : Celui de l’inscription de cette statue dans le Temple de Saïs : « Je suis tout ce qui a été, Tout ce qui est, tout ce qui sera, et nul mortel n’a encore levé le voile qui me couvre »

Premier Patriarche : Que penses-tu de cette inscription ?

Platon : Je pense qu’elle est fausse !!!

Premier Patriarche : Fausse !!! et comment ton orgueil le prouve-t-il ?

Platon : A chaque vérité absolue, à chaque loi de la nature qu’il découvre, l’homme ne soulève-t-il pas ce voile ?

Premier Patriarche : Non ! la difficulté ne recule même pas ! Tu peux calculer le poids des astres, leur vitesse, leur éloignement et la route qu’ils parcourent ; tu peux reconnaitre les lois de la lumière et de l’électricité, te faire auxiliaire de la foudre, aplanir ou percer les montagnes et creuser des abimes ; tu peux transformer la terre et franchir les mers, mais le grand inconnu, le grand Architecte de l’Univers n’en reste pas moins incompréhensible en dehors des lois de la nature !!! …. Apprends que le triangle, objet de notre culte, symbolise l’unité de notre Dieu, comme le Soleil symbolise pour nous l’âme du monde. Voici comment le vulgaire a été conduit à adorer des animaux. Dépourvu de calendrier, le labourer appela étoiles du bœuf, celles qui se levaient, par rapport au soleil, au moment des labours ; étoiles de la vierges, celles qui se levaient à l’époque des moissons, et il en est ainsi des autres. Oubliant, ensuite  que ses pères avaient, ainsi, dénommé les étoiles, le peuple crut que la Vierge, le Bœuf, la Lion existaient réellement dans la voute céleste d’où ils favorisaient ses travaux et les productions de la terre : Il en fit des Dieux !!! Crois-tu que le sphinx en soit un ?

Platon : Non, c’est le double symbole des Constellations de la Vierge moissonneuse et du lion, rappelant la féconde inondation du Nil

Deuxième Patriarche : Le Soleil est au centre du monde : Mercure, Vénus, la Terre, mars, Jupiter et saturne, tournent à la fois sur eux-mêmes et autour de lui. Les étoiles fixes, qui ont un mouvement inverse de celui de la Terre, gravitent loin, bien loin de ces planètes dont plusieurs, jouissant d’une atmosphère, sont vraisemblablement habitées. Sais-tu ce que signifie la croix rouge tracée sur la bannière de l’Egypte ?

Platon : C’est le symbole du renouvellement des saisons ou de l’Immortalité. La ligne horizontale représente l’équateur, ses extrémités les équinoxes, ou le printemps et l’automne : la ligne verticale figure au méridien, ses  extrémités les solstices, ou l’été et l’hiver.

Troisième Patriarche : Qu’est-ce que la morale ?

Platon : C’est la règle des droits et des devoirs qui s’impose à la conscience et que l’homme ne peut violer sans honte ni sans douleur.

Troisième Patriarche : Et la Justice ?

Platon : C’est l’application de la loi, rendant à chacun ce qui lui est du.

*****

Troisième Patriarche : Et que dis-tu des châtiments corporels, de la peine de mort ?

Platon : Je dis qu’ils sont les signes d’une civilisation encore barbare …

Troisième Patriarche : Quelle serait donc, à ton sens, le signe d’une civilisation supérieure à son apogée ?

Platon : L’absence de prêtres

Un prêtre : Nous sommes donc inutiles ? L’observation de ta prétendue règle du bien et du mal suffirait, donc, à rendre les hommes heureux ? … Platon es-tu ingrat ?

Un autre prêtre : Tu méconnais le premier besoin de la société !! ….

Platon : Dans l’approbation de la conscience

Troisième Patriarche : Oui c’est au fond du cœur que veille l’infaillible justice, pour consoler la victime, châtier le criminel et réjouir l’homme de bien.

*****

Premier Patriarche : C’est le breuvage du Lotos : bois à l’oubli des sentiments de haine, d’envie et d’intolérance ; et revêt cette robe, en signe de dévouement à la science et à la vertu ….. Tu vas être initié aux derniers Mystères …

*****

Premier Patriarche : En présence du triangle de Feu, je jure d’obéir à nos lois sacrées, de soumettre tes passions à l’empire de la raison, et de travailler sans cesse au bien de l’humanité …

Platon : Je le Jure

Le vieux Patriarche : Cette décoration est celle de Minerve ou Isis ; elle représente un hibou, symbole de l’enfant, aveugle à la naissance, et qui ne devint homme que par l’expérience et les lumières de la philosophie. Puisse Minerve-Isis toujours t’inspirer !!

***** Quatrième Tableau *****

Premier Patriarche : Oui, cher Platon, tels sont nos derniers, nos plus grands mystères.

Platon : Je les avais pressentis ! On ne pourra de longtemps, hélas, les révéler aux peuples !!! ….

Premier Patriarche : qui sait ? dans deux mille ans, peut-être … mais écoutes:

La procession d’usage en l’honneur des initiés se compose ainsi :

D’abord le « chantre », portant le symbole de la musique …

Puis « l’Horoscope », ou l’observateur du Temps ;

L’écrivain sacré marche auprès de lui, portant un livre, de l’encre et un roseau ;

Il est suivi du « porte étole », qui tient la « Coudée » de la justice.

Celui qui porte sur sa poitrine une cruche, symboles de la soif des sciences, est le « prophète ».

Les autres, après ceux qui portent les pains, dons précieux d’Isis, sont des aspirants à l’initiation ; ils suivent les classes de Médecine, de Mathématiques, d’Architecture, de Peinture et Autres Arts.

Mais avances-toi et prêtes l’oreille au Sublime Démiourgos.

***** Démiourgos *****

Platon ! Souviens-toi que tous les hommes tiennent de la nature des droits égaux et sacrés. L’erreur et la vérité se partagent dans le monde ; ne méprise, ne blâme aucun croyance : elles se fondront toutes un jour dans la suprême et conciliante unité de la raison ! Honore et sers ta patrie, mais en combattant pour elle, n’oublies pas que tous les peuples sont frères !! Exerces et développes sans cesse tes facultés, que la tempérance et la modération maintiennent ta santé prospère. Dans tes plaisirs, ne goute que ceux qui ne font pleurer personne ; et souviens-toi que les hommes ne sont heureux et grands que dans la justice !

En présence du Roi d’Égypte, initié, juste et bien-faisant, moi, le Démiourgos, humble représentant du Grand Architecte de l’Univers, je te constitue et te proclame Patriarche de notre Immortelle Institution. Va répandre sur la Terre les vérités sublimes qu’à des âmes d’Elite, longuement préparées, dignes de les recevoir :

Ne bâtis point sur le sable, n’écris point sur la neige !!

***** Le Roi *****

Platon ! Par tes longs travaux, par ta constance dans les épreuves, par ton ardent amour de la vérité, tu mérites cette décoration qui en est le symbole et que je suis heureux de te décerner …

Cela fait …

Maintenant suis-nous ; viens montrer à un peuple naïf, mais admirateur enthousiaste du bien et du beau, le triomphe de la persévérance et de la vertu. Il ne peut apprécier l’étendu de la science des initiés ; mais il sait que par leurs lumières, par leur courage et leurs travaux, ils tendent à l’affranchissement intellectuel et au bonheur du genre humain ; il aime à les fêter, à les applaudir …

III. Une des Douze portes

Dans cette partie qui se voudra très courte, il nous faut aborder un sujet cher à Socrate et à Platon … celui de la Mort et de la pérennité de l’âme

Selon la « Spsychostasie » Grecque les âmes était contraintes d’être examinées par un ensemble de Dieux et de Juges hautement qualifiés pour cela car l’âme devait être « évaluée »

Le « tribunal » était composé de « Zeus », « d’Hermes », de « Prométhée » (le Titan), de « Chronos » (Saturne : le Maître du temps),  des Kronides : « Jupiter », « Neptune », « Pluton », des Juges : Minos, Eaque, Rhadamanthe … Homère, aussi

Après l’évaluation ? Deux chemins étaient proposés :

Le premier était celui attribué à l’Homme juste … il le conduira au lieu du « séjour mérité » de l’île fortunée (l’île des bien heureux)

Le second sera le chemin du précipice au « Fin-Fond du Tartare »

Ici, deux traditions :

  • La tradition Pythagoricienne … qui pour l’essentiel était un examen de conscience conduisant à la pesée de l’âme avant la nuit …
  • La Tradition Orphique … qui elle intègre clairement la notion de Transmigration des âmes … L’âme à la mort de l’être fait un voyage souterrain selon les règles présentées par le « livre des morts orphique » … il y avait là un « tuilage » parfait sur le comportement citoyens du défunt.

Il y avait une conviction profonde en « la vie après la vie » et la démarche Orphique impliquait le respect d’un « Road book » ou « aide-mémoire » à l’usage du voyageur. Nous y retrouvons la référence à la déesse « Mnémosyne » très impliquée dans le souvenir des « Vies antérieures » … mais aussi pour traiter de la « Souffrance ou de la lourde perte ».

Le défunt était préparer à passer devant le tribunal … à gauche avait-il le fleuve « Léthé » symbole de l’Oubli … à droite la source « de Mnémosyne » symbole de la remémoration

La tradition Orphique était pour une justice Post-Mortem … les tablettes qui en font état sont rédigées « au féminin »  … l’entrée dans le souterrain, après le voyage nous met en relation avec  la déesse « Persephone » (le séjour des bien heureux) mais sera-t’elle aussi chargée de « Hadès-Perséphone » connue pour gérer l’Enfer

Selon la « Psychostasie Egyptienne » nous sommes, alors, dans une vrai procédure d’évaluation – Transformation – Action

Énonçons quelques Principes :

1 : L’homme doit être dans l’ignorance de l’heure de sa mort. Dès lors il ne peut préparer sa plaidoirie (rappelons que Prométhée a ce rôle d’enlever la pré-science de la dernière heure !!!)

2 : Les juges sont nécessairement des âmes … le juge doit être nu … il est un pur esprit … Ne plus avoir de corps c’est être insensible à l’Esthétique fallacieux du discours rhétorique et à bien d’autres choses !!! Rappelons que Platon était en guerre contre les sophistes … dès lors le juge est Intègre, Impartial, Désintéressé..

3 : Il n’y a pas d’accusateur … nul « Meletos » … nul « Sycophante »   pour vouer aux gémonies

4 : Les juges sont Incorruptibles et Infaillibles car ils jugent les âmes « Houma » non dans leur « paraître » (Statut Social ou autres contingences …) mais dans leur « être » (Intention, Volonté, …)

5 : Un autre principe important est que l’âme durant sa vie terrestre est stigmatisée par le comportement de l’être, dès lors aucune tricherie n’est possible

Platon est sensible à cette forme de perception de la vie post-mortem … ayant pris cela dans la culture Égyptienne, il transforme la Psychostasie Grecque Orphique et Pythagoricienne en une pratique  … vertueuse

Le tribunal Divin Egyptien a eu plusieurs formes : « 3 » :

  • Le plus ancien met en scène l’affrontement « d’Horus » (Fils d’Isis & Osiris) et « Seth » (le frère d’Osiris)
  • Puis le Défunt devra faire face à ces accusateurs qu’ils soient morts ou vivants … et il devra se justifier pour obtenir le droit de passage …
  • Enfin à partir de la 18ième Dynastie (-1550, -1292) le défunt sera convoqué devant Osiris pour la pesée du cœur « IB » … et un jugement à l’aune de « Maat » la Déesse de la Vérité et de la Justice.

Le défunt doit rendre compte de sa qualité de vie, de ses actions, de sa manière de vie sur notre planète … Cela est particulièrement bien  expliqué dans le « livre des Morts Egyptiens » et dans le « livre de la Sortie au jour » … un Vadémécum de l’au-delà … (une étrange ressemblance avec les tablettes de la tradition orphique)

Développons rapidement cette dernière forme :

Le défunt aura à subir un certain nombre d’épreuves (cf. le passage des 12 portes) et la connaissance des « formules » sera éclairante pour un travail alchimique de régénération et enfin  pour le jugement

Cette phase était importante pour :

  • Éliminer les entités nuisibles et donner la connaissance des Dieux que le défunt devra affronter … mais aussi, sentir ou pré-sentir les réponses qu’il aura à donner aux énigmes posées … à la suite de quoi un jugement pourra être prononcé !!
  • Permettre la sortie au jour sur terre !!! le défunt devient « dieu » … il pourra dès lors prendre toutes les formes de vie possibles dans la création … (Faucon, Nénuphar, en dieu Ptah, en Héron (Benou ou Phenix), en Hirondelles)

3 juges seront diligentés car en premier lieu le défunt doit pouvoir entrer dans le royaume des morts … ce qui n’est pas gagné !!!

Dans le cas où le défunt a démontré son intégrité morale, sa bonne conduite le temps de son incarnation et sa bonne connaissance des « formules » … « Anubis » conduira le « Ka » du défunt (en fait son double) jusqu’à la salle des deux « Maat » ou salle de la « Double Vérité » …

Dès lors, aura lieu la pesée du « IB » … le siège de la conscience intime stigmatisée par les actions du défunt

Le Cœur (la conscience) sera mis sur un plateau … dans l’autre plateau une plume et pas n’importe laquelle « une plume d’autruche » … c’est celle qui sert à écrire le nom sacré de la déesse Maat … Equilibre du monde … la loi sous toutes ses acceptions (Politique, Sociale, Cosmique), expression d’un Ordre mais pas un Ordre Statique mais un Ordre Dynamique !!!)

De même le défunt ou plutôt son « ka » … devra prononcer ses confessions négatives … Obtenir un pardon ? Préciser un modèle d’éthique à suivre ?

3 juges suprêmes, nous l’avons vu, seront présents et nous connaissons maintenant leur « infaillibilité »

  • « Anubis », révélateur de la vérité de SOI …
  • « Thot » qui effectuera la pesée..
  • « Osiris » qui prononcera le jugement devant 42 juges

Chez Platon nous retrouvons « Minos », le juge d’Asie qui prononcera le jugement suprême … « Eaque », le juge d’Europe devant juger les Homme d’Europe … « Rhadamanthe », encore un juge d’Asie, jugeant les hommes d’Asie

Le verdict posé … il n’y aura pas que deux possibilités … il existera une graduation en fonction des degrés de perfections et d’abjections dans les damnations … mais il y aura, aussi des damnations définitives comme des Salut Divin  … des voies pour les Justes et des voies pour les injustes

Chez les Egyptiens le « Ba » (l’âme) est représentée par un oiseau anthro-céphale qui représente un principe spirituel qui n’apparaitrait qu’au moment de la mort … Platon retrouvera cela en Grèce sous forme de « sirènes » (Cf. les sirènes et Ulysse Stamos (-480,-470))

« Pythagore », lui, concevait l’âme comme un rapport d’Harmonie Mathématique, Psychique, Cosmique … on se rappellera des « Harmonies des Sphères » … idée concerné par Platon (voire le rôle des Sirènes dans le mythe d’ER)

O forme d’éternité, me voici.

Je suis un lotus par dans les champs du soleil.

Je me tiens debout, forme sage et le soleil d’aujourd’hui, sur ma face, est enveloppé dans le soleil d’hier.

J’ai la force de fécondation dans mon devenir, qui est l’état du Maître des années, un jeune homme éternel dans le jardin de la pérennité.

Je suis un lotus pur au milieu des beaux tamaris, au près du Dieu Grand, modeleur qui se transforme en lui-même et par lui-même, dont la flamme est sur ma face, en pureté, en blancheur, en santé.

S’ouvre le ciel, j’arrive en hirondelle, je pénètre, j’examine, je circule, dieu léger, doux de parfum.

S’ouvre le ciel, s’ouvre les quatre angles des horizons, s’ouvre les mystères de la Demeure, j’ai tout retenu.

Je remets le sceau avec la terre sigillaire, je m’en retourne dans mes ailes avec le souffle des génies planétaires.

Mon nom est « Celui qu’on endommage pas »

Je suis pur, je suis pur.

Je suis un de ces éperviers sur leurs angles, dont l’œil, jamais ébloui, connait la profondeur de l’eau primordiale et quatre centaines de million de choses, les maitres de la voyance et rois de l’horizon, dont on ne perce pas l’œuf et dont on ne voit pas le nid.

Mon nom est :

« J’arrive en épervier et je sors en Phénix »

Je suis pur, je suis l’Image Vivante du Ressuscité dans … Héliopolis.

Conclusion :

En faut-il une ?… Ce que nous apprenons à l’école … Petite ou Grande école … « Thèse.. Antithèse … Synthèse » … voit ici ses propres limites … il y aurait grand danger de conclure … puisque la Vie se passe des Hommes pour s’exprimer et …  que la réalité se forme et se transforme au grès d’équations et de lois que les bipèdes cérébrés que nous sommes ne pourront jamais dévoiler dans leur intégralité …

Oui, le monde est Mathématique … Oui, l’esprit souffle où il veut quand il veut nourrissant la création de poésies, d’une vaste harmonie universelle qui permettrait à l’homme de s’installer dans une félicité n’ayant nulle part ailleurs sont égale …

  • si … si … l’homme cessait de prendre des vessies pour des lanternes …
  • si … si … l’homme voulait voir le centre du monde ailleurs que dans son cercle de vision personnel …
  • si … si … l’homme, enfin, acceptait de se nourrir de la couleur de l’autre. L’autre qui est différent et dont la différence enrichit

J’ai fait cette méditation en l’honneur de « ce qui nous transcende et nous éclaire de sa lumière infinie » … confessant que ma parfaite ignorance foncière fut éclairée au cours de ce parcourt de belles prises de conscience …

Je l’ai fait, aussi, en pensant à un être, Maître en philosophie et ésotérisme (domaine extrême Oriental et Rose-Croix) , … un être qui m’est très très cher. J’ai nommé, Platon dit le Karuna (terme Indou signifiant : compassion) qui outre le fait d’avoir été ma mère matricielle a été ma source de réflexion philosophique depuis que j’ai eu l’âge de pouvoir poser des questions sur la raison de mon existence (c’est-à-dire vers l’âge de 7 ans) … jusqu’à un certain juin 2001 où les espaces infinis lui ouvrèrent une autre destinée

Sincèrement Votre, Gérard Baudou-Platon

 

À propos de Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l'Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l'Administration des Postes, Télécommunications et de l'Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l'Association l'Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d'Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail
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