La Vérité

Texte de Béatrice Bautrait … (la petite voix)

Noen, pénétra sur les parvis du Temple. Son Vénérable Maître venait de la laisser partir sur les chemins …  avec son bâton de pèlerin  et une petite besace … pour la soif ? … pour la faim ? …  enfin … pour découvrir le monde, les mondes … Dans son petit sac : un miroir, du pain sec, du sel, du vin … quatre éléments fourbis sur son chemin de progression à ce moment précis. Un chant comblait son âme de joie mais faisait naître, aussi, une réelle nostalgie : elle laissait la quiétude d’une loge où il faisait bon écouter, voir, apprécier, analyser … un espace bienveillant qui avait nourri sa curiosité …

Faut-il nous quitter sans espoir,
Sans espoir de retour,
Faut-il nous quitter sans espoir
De nous revoir un jour

(Refrain)
Ce n’est qu’un au-revoir, mes frères
Ce n’est qu’un au-revoir
Oui, nous nous reverrons, mes frères,
Ce n’est qu’un au-revoir

Formons de nos mains qui s’enlacent
Au déclin de ce jour,
Formons de nos mains qui s’enlacent
Une chaîne d’amour.

Unis par cette douce chaîne
Tous, en ce même lieu,
Unis par cette douce chaîne
Ne faisons point d’adieu.

Car Celui qui nous voit tous ensemble
Et qui va nous bénir,
Car Celui qui nous voit tous ensemble
Saura nous réunir.

Elle était là, désemparée. Aller sur les chemins : oui mais … où ? Comment ? Quand ? Pourquoi ? Pourquoi faire ? Il y avait tant de choses, tant d’informations dans l’initiation qu’elle venait de vivre que ses pensées s’entrechoquaient … tout semblait insurmontable « mesurer la Terre !!!. Décrire la Vérité ». Voilà une mission impossible car il ne suffisait pas de savoir !!! Il lui fallait connaitre … il ne lui suffisait pas de connaître il lui fallait découvrir ce qui était essentiel … juste l’authentique … juste la Vérité !. Car sans cela savoir serait sans doute inutile puisque menant à ce qui pourrait ne pas être « Vrai » … et connaître l’aurait, peut-être, menée à prendre des vessies pour des lanternes !!! … Le doute l’envahissait …

Noen entra dans une profonde méditation … quelque chose, en elle, pourrait-elle lui apporter un indice ? La providence lui enverrait-elle un messager qui opportunément lui donnerait cette impulsion nécessaire pour commencer à mettre de l’ordre dans son esprit encore confus ?

La Franc-maçonnerie est ainsi faite, nul chemin ne peut être parcouru sans l’aide de l’autre … l’autre, l’étranger, celui ou celle qui vient de nulle part mais qui pourtant est là … le destin ? … ou le Maître ne vient-il pas que le disciple est prêt ?

Noen pensait à Dante Alighieri qui décrivait dans son œuvre « la divine comédie »  le voyage du poète guidé par Virgile pour retrouver « Béatrice ». Elle se souvenait de cette strophe :

« Tel que le géomètre qui tout entier s’applique à mesurer le cercle, et, pensant, ne trouve point ce principe dont il a besoin ; tel étais-je à cette vue nouvelle ; je voulais voir comment l’image convient au cercle, et comment elle y a son lieu ; mais point n’auraient à cela suffi mes propres ailes, si mon esprit n’eût été frappé d’un éclair par lequel s’accomplit son désir. A la haute imagination ici manqua le pouvoir ; mais déjà, comme une roue mue également, tournait mon désir et le velle (vouloir) l’Amour qui meut le Soleil et les autres étoiles. »

Oui se disait-elle entre le point et le cercle : un nombre irrationnel !!! La Vérité n’est-elle pas Raison ?

Une voix la tira brusquement de sa torpeur.

« Veux-tu que nous parlions de la Vérité ? »

Assurément lui répondit-elle …

La voix continua … posée, calme et rassurante …

Le concept de Vérité, avec un « V » majuscule, ne serait-il pas constitué, à notre échelle, du regroupement de nos petites vérités que nous rassemblerions péniblement, pour trouver cette VERITE parée du grand « V » ?

Définir la vérité est chose ardue et engage des notions elles-mêmes complexes, comme celle de la réalité, à laquelle tu pourrais y associer les termes de preuve, représentation, expérience, objectivité, perception, et également à son inverse, de mensonge, d’erreur, de leurre, de fiction…

Y a-t-il une seule vérité ou autant de vérités que de personnes qui en prononcent le mot ?. Cela est fort probable. Le mot vérité a-t-il un sens ou n’est-il qu’une forme artificiellement idéalisée d’un ensemble de certitudes, de révélations, de validités, de vraisemblances, de vérifications expérimentales, de fortes probabilités ou d‘illusions passant par la loi du plus grand nombre ?.

La vérité, nous la recherchons tous, mais que recherchons nous vraiment… !!! ?.

La vérité de/sur nos origines? … La vérité de notre présence sur cette terre et de son utilité ? … La vérité sur ce qui est advenu avant notre naissance et celle qui adviendra après notre mort? … La vérité sur le fonctionnement de l‘univers et de celui qui en est aux commandes? La vérité sur les tenants de nos pulsions, le pourquoi et le comment ? … La vérité sur la naissance de nos sentiments, de nos pensées ? La vérité sur la finalité de ce que nous vivons? La vérité sur notre histoire, notre mode de pensée, notre incarnation? La vérité de ce que nous voyons, touchons, sentons, entendons, goutons, … ? … La vérité sur l’origine de notre intuition ? … La vérité sur l’existence de l’Âme ? … La vérité sur le monde, et sur cette planète où nous vivons ?

En général et globalement, nous recherchons, la vérité sur tout et en tout, aussi bien intérieurement qu’extérieurement, sur le pourquoi et le comment de tout ce que nous pouvons percevoir, appréhender et analyser. Mais nos sens sont-ils réellement fiables?

Approcher le problème de la vérité suppose en premier lieu de briser l’identification trop souvent faite entre vérité et réalité. Nous avons tous tendance à ne juger que ce qui est réel …  ou ce qui nous semble réel et d’en conclure, qu’alors, cela est vrai … Pourtant, on ne peut pas totalement superposer ces deux termes.

Lorsque j‘affirme que quelque chose est réel, je ne fais que reconnaitre son existence, à travers mes perceptions sensitives mais également au travers d’un jugement mental souvent purement analytique.

La vérité semble exiger autre chose qu’une telle reconnaissance. Cependant Vérité et Réalité sont des notions qui ne sont pas dissociées, mais en étroite correspondance.

Même s’il y a une différence entre la vérité et la réalité, il ne faut pas conclure que ces deux termes sont sans rapport aucun. Voilà une des nombreuses difficultés à définir la vérité, si tant est que nous puissions le faire.

Platon pense la vérité, comme indépendante de la Pensée et du Discours. Il y a selon lui « une réalité vraie » qui ne s‘oppose pas tant à une réalité fausse, mais plutôt à une réalité qui s’avère dégradée, ainsi que les apparences qui la constituent.

Le monde sensible auquel nous sommes attachés, par notre corporéité est un monde ayant un faible degré de réalité, en ce sens, qu’il est peuplé de copies et d’idées intelligibles. Ce sont bien ces dernières, les idées, qui constituent la vérité. Cette vérité n’est pas une propriété de la pensée, mais bien, un autre être, un autre monde, le monde des Idées. Chez Platon, « la vérité ne s‘accorde pas avec la réalité, c’est elle-même qui est érigée en réalité, absolue, immuable, éternelle ».

Les paroles du philosophe sont belles, mais il faudrait s‘y fondre totalement pour en appréhender le sens profond dans sa complexité. Alors, nous allons continuer à avancer dans notre recherche, à notre niveau de manière certes plus modeste et plus pratique.

On peut penser que la thèse de la vérité comme adéquation à la réalité, correspond mieux aux sciences expérimentales. Elles sont par conséquent dépendantes de faits, d’expérimentations contrôlées de la réalité, d’un monde en « 3D » (« 4D »), purement matériel. Le savant ne peut démontrer que ce qui est quantifiable. La matière serait le support de l’information. Elle permettrait alors à l’information de se fixer; sans elle, il ne pourrait donc pas y avoir d’information audible pour l’homme. Le scientifique vérifie, Le philosophe, lui exprime ses idées parfois par  « induction » ou même « intuition » sans vérification … préalable mais aussi de façon plus rare sans vérification aucune lorsqu’aucune méthode ne peut, pour l’instant, corroborer ce qu’il avance !!!

Pourquoi, désirons-nous la vérité, plutôt que l’erreur, bien que l’erreur soit enseignement. Pourquoi fait-elle l’objet de notre préférence et plus de notre vénération.

Parce qu’avant tout, la vérité est une VALEUR qui sous-tend celle du Beau, du Bon, du Véridique, d’un idéal de l’abs0lu ou cette question ne se poserait plus, puisque, Cela est!

La réalité est changeante, fuyante, mouvante. Selon Nietzsche, elle déposséderait l’homme de sa maitrise sur lui-même et son environnement. Au contraire, les catégories de l’être, de l’identité, de la substance, du durable permettent à l’homme parmi le divers, le chaos, des sensations de points d’appuis, autour desquels il va orienter son action. La connaissance consisterait alors à ramener, le nouveau, le différent à du déjà connu.

La connaissance, dans un premier mode, est l’intelligence qui envisage la chose de l’extérieur. Selon Bergson, elle est alors une faculté pratique, visant à l’action sur les choses. Le second mode de connaissance est l’intuition, elle se transporte à l’intérieur de l’objet pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inexprimable. L’intuition est alors une sympathie par laquelle l’ineffable s’offre dans sa nudité, sa simplicité, une sympathie par laquelle |’esprit acquière la mobilité … une mobilité qui est celle du vrai et qui atteint par là un absolu ou un infini.

Aspirer à la vérité, c’est la désirer. Le désir n’est pas la une disposition qui concerne un besoin « capitalistique » dans le sens d’engranger des richesses matérielles ou intellectuelles. Elle se caractérise par une énergie vers une recherche, un besoin régulateur de nos manques, de notre authenticité perdue.

Le besoin de croire en la vérité peut être confondu avec le besoin de certitudes en des vérités établies, établies par notre société, par notre culture, notre éducation.

Le désir de vérité est tout autre. C’est la soif de l’infini, de l’absolu, de redevenir cet être imprégné de spiritualité. C’est un cheminement nécessaire pour retrouver notre communion d’origine avec le Divin.

Parce que la vérité fait partie de l’absolu, nous avons, vraisemblablement, grâce à notre travail de maçons (Francs), sur nous même, par la compréhension intime des rituels qui sont déroulés dans nos rites, par l’étude du symbolisme, la possibilité d’approcher de plus près cette notion.

La Maçonnerie ne transmet pas de secret, elle est une voie d’éveil qui a pourtant un code secret pour celui qui veut bien se laisser guider. Tu le sais Noen, nous avons tous prêté « serment » comme tu viens de le faire, encore, ce serment d’allégeance au Travail, au service du Sublime Architecte de Tous les Mondes (Nom allégorique respectant la multiplicité des croyances et sans doute à l’universalité des aspirations spirituelle : Ndlr). La Maçonnerie, transmet des outils de recherche, qui vont nous permettre de nous élever et de penser en conscience, afin de pouvoir aspirer et d’entrevoir des rayons de vérités.

Dans notre Rituel, à l‘ouverture des Travaux, le Vénérable Maître  s’adresse au « Premier Surveillant » ainsi :

« Maitre Premier Surveillant qu’y a-t-il entre vous et moi pour nous unir en ce lieu ».

Le premier surveillant répond

« Vénérable Maître, c’est une vérité ».

La réponse est parlante, c’est UNE Vérité. Elle est Une, unique et immuable.

« Quelle est cette vérité ? »

« Comme un architecte humain a conçu et réalisé ce Temple qui nous abrite à cette heure, assisté de ses Ouvriers, de même ce Temple Universel qu‘est le Monde a été conçu et réalisé par un Architecte Eternel, auteur de ce qui a été, est ou sera, assisté lui aussi d’autres Ouvriers ».

Tout est dit : La seule, l’unique vérité que nous pouvons concevoir n’est-elle pas celle-ci ?

Il appartient à chacun de s‘inscrire dans ce chantier qu‘est le Grand Œuvre. La manière propre que l’initié aura de travailler, de réaliser son être revêt une parcelle de cette Vérité si clairement explicitée par notre Rituel.

La vérité ne peut pas être donnée, elle ne peut qu’être recherchée, approchée, apprivoisée et, enfin, dans le meilleur des cas, rencontrée. La rechercher consiste à renoncer à une étroitesse d’esprit et à un repli sur nous-mêmes. Dans le creuset, cet athanor qu‘est la Loge, chacun trouvera sa forme de vérité, d’authenticité au fil de ses recherches, de ses perceptions des symboles et appréciera dans sa quête les différentes manières de penser des uns et des autres. Notre vision s’élargit alors, elle nous amène progressivement de plus en plus haut, comme dans une spirale ascendante, une recherche en Ascente.

La vérité ne se laisse pas déchiffrer facilement. Ainsi, elle peut apparaitre plurielle et incertaine, vraie aujourd’hui et fausse demain. La terre plate hier, sphérique aujourd’hui !!!.

Le propre de la recherche maçonnique est qu‘elle prend des formes multiples, c’est à dire contraires à tout dogmatisme quel qu‘il soit. Il n‘y a aucune limite à la recherche de la vérité. La recherche de la vérité, et ajoutons y celle de la justice, la plume de « Maat », n‘admet aucune entrave et ne s’impose aucune limite.

Nous admettons la différence et nous avons pour valeur, la tolérance.

Y a-t-il une seule vérité ou autant de vérités que de personnes qui en prononcent le mot ? …  On s’exprime souvent en affirmant, sûr de nous, de ce que nous sommes : « c’est ma vérité ». Mais comment peut-on parler de la vérité en termes de possession. « Ma vérité comme nous dirions, ma veste ou, ma voiture, mon stylo, …. mon, … mon » …Cela me semble être à l’inverse d’une attitude empreinte d’humilité, devant les grandes choses de ce monde et accordons nous sur le fait qu’elles nous dépassent à l’instar de ce mot Vérité.

Il y a autant de vérité que de personnes qui s’en réclament, à titre d‘exemple regardez une montagne et décrivez ce que vous en voyez, en fonction de l’endroit où chacun sera placé.

 
 

Les descriptions et restitutions de ce qui est vu, seront différentes. Où est la vérité….? Probablement dans la synthèse de tous les points de vue, encore que nous ne ferons que nous rapprocher de la vérité, sans toutefois la détenir pleinement.

Ceci induit la question, peut-on appréhender la vérité dans sa totalité ?

Chacun d’entre nous, en fonction de sa situation spatiale et temporelle a sa vérité à un moment « T », et nous savons tous que cette vérité-là est sujette au changement. Elle est amenée à évoluer parce que d‘autres informations vont venir nourrir cette maturation; c‘est une forme de vérité en devenir sur le chemin de la VERITE VRAIE, voire UNIQUE, TOTALE et ABSOLUE !

Conscient de la portée intrinsèque de ce mot pourtant si commun, nous ne pouvons plus profaner ce terme comme nous le faisions auparavant, en le rapportant à de simples conceptions et  considérations strictement humaines.

Chercher la vérité, c‘est chercher l’équilibre, sa note : harmonique. C’est sans cesse rectifier son fil à plomb dans la rigueur d’une verticalité qui s’impose. Cette recherche devient le désir de sortir de notre propre chaos afin d’arriver à une reconstruction personnelle, à une re-naissance.

Une vie ne suffira certainement pas à cette grande entreprise, mais qu’importe le résultat, ce qui compte, c‘est la mise en route. Le chemin parcouru en vaudra la peine par l’énergie que l’on y consacrera.

Aspirer à la vérité, c‘est désirer ardemment s’élever vers le spirituel. Inspiration, expiration sont les mouvements issus du souffle du Logos, le flux et le reflux, la respiration du Monde, voire de l’univers. Y-a-t-il eu un « big-bang » ou plusieurs qui se répéteraient à intervalles réguliers au niveau d’une respiration cosmique ? Tout est rythme et tout est cycle nous dit le Kybalion !

De l’inspiration nous glissons vers I’aspirati0n …. ..et inversement, ce qui peut être défini comme un mouvement cyclique, en spirale de l’Âme vers Dieu. Nous aspirons, par notre travail maçonnique, a cette élévation vers le Grand Architecte de l’Univers et nous l’appliquons, autant que faire se peut, au quotidien dans nos vies profanes.

Par l’étude des symboles et de cet amour que le maçon spéculatif voue à la vérité, il retrouve son authenticité et reprend possession des valeurs enfouies au plus profond de son intériorité, de son être.

La maçonnerie, nous l’avons dit, ne transmet pas véritablement de secrets, mais offre surtout des outils qui permettront que le voile d’Isis puisse se soulever. Ce que le Macon découvre c‘est le processus contemplation-intériorisation et il rend hommage à ses découvertes, aussi infimes soient elles, il les appréciera à leur juste valeur et en prendra soin, comme d‘un inestimable trésor.

Notre désir de transmission, prend alors tout son sens, dans le partage de ces bribes de vérités approchées. Ce trésor trouvé ou retrouvé dans la recherche de la vérité, ne nous appartient pas, ou alors, il devient vanité. II se doit alors d’être partagé, transmis, choyé par d‘autres avec nous et après nous. C’est dans ce partage que réside |’acte d’Amour envers nos Frères et nos Sœur et envers notre prochain.

Par l’emploi de la numérologie et après réduction théosophique le mot vérités (au pluriel) est sous l’égide des Lames « 9 » et « 8 » du tarot. « L’Hermite » d’une part et d’autre part « la Justice » pour en arriver par addition à l’Arcane 17, « l’Etoile ».

L‘ Hermite, c‘est le cherchant, il a intégré son savoir, même s’il continue à chercher inlassablement, il représente la connaissance. II porte en lui la mémoire de l’homme depuis les temps les plus anciens.

Il est dépositaire d’une connaissance infinie qui lui confère un rôle de Maitre et de sage. Cette connaissance qu‘il perçoit à l‘intérieur de son âme, il est prêt a la transmettre à son tour.

L’Hermite est un guide. Il parle peu, il montre le chemin, il l’éclaire. Il est l’image même de la quête et du pèlerinage. Graphiquement, le personnage est couvert par un grand manteau, seuls sont visibles ses mains et son visage. Il est muni d’une lanterne, car il a besoin de lumière, tourné vers la gauche, il est orienté vers le passé, l’origine, ce peut être également une forme d’introspection. Il a besoin d‘un support, le bâton, symbolisant le pouvoir naturel, un peu comme la baguette du sourcier. Sur ses épaules, à droite, un bonnet rouge indique le sens oppose, le futur. Il se termine par un pompon de couleur or. La quête est ainsi clairement exprimée.

La Justice, cet arcane représente le combat de l’homme contre ses instincts, ses émotions, ses pulsions. Les mots qui y sont associés seront, transformation, équilibre, dynamisme, énergie, liberté. La leçon de cette lame consiste a toujours rechercher les causes cachées au-delà des apparences. A trouver l’équilibre et la « Zénithude Royale ».

L‘Etoile, en dernier lieu, comme couronnant le tout, illumine notre quête. Elle vient alors nous suggérer de parler de cette vérité intérieure, de cette connaissance à laquelle on accède par l’abandon de tous les savoirs terrestres pour entrer dans le monde du Beau, du Bon, du Juste, du Véridique.

« Que nos oreilles entendent, que nos yeux voient, que notre Âme comprenne. »

Cette fois ci, graphiquement le personnage est nu, preuve d‘un dépouillement certain correspondant à une démarche d‘évolution par la connaissance, la gnose, un genou en terre, en signe d’humilité. Il est encore question d’affinage, de purification mais cette fois ci en rapport direct avec l‘eau, les deux récipients sont identiques, de couleur rouge, nous approchons du but final, les astres sont avec nous, les énergies cosmiques sont présentes. A l’horizon, du côté gauche de la lame, un arbre sur lequel se tient un oiseau noir, allusion au corbeau, ou Beau Corps qui deviendra pierre de projection, réalisant la transmutation, la preuve indubitable de la réussite de |’entreprise.

Sept étoiles dans le ciel encadrent une étoile double dont le fond est rouge et la face or, l’allusion a l‘or qui nait de la pierre est clairement montrée, les sept étoiles en sont les phases de travail, nécessaires a l‘accomplissement de l’Œuvre. L’étoile devient le but, l‘objectif à atteindre, l’inaccessible étoile….

La transmutation est accomplie.

Rapprochons nous, maintenant, du mot vérité en le visualisant, il est très équilibré, composé d’une succession de consonnes et de voyelles, trois consonnes et trois voyelles en alternance.

La première lettre, le « V » dont les deux cotés sont élancés, élancés vers le ciel, comme deux antennes prêtes à capter et à recueillir dans sa coupe quelques gouttes de la « substantifique moelle ». Il peut être scindé en deux, les termes « Vers » et « Ite » apparaissent. « Vers », aller vers, mais se sont aussi les vers d’une poésie, d’une partition de musique, celle de la vie, du chant heureux de la connaissance. C’est aussi la couleur du 4ième Chakra, celui du cœur, placé au centre des 7 chakras, ayant valeur d’équilibre.

« Ite », issu du latin, peut être traduit par les mots: chemin, passage, parcours, permission de passer.

Le rituel de la religion catholique qui termine la « Messe », utilise l’expression latine «  lte missa est » qui a été traduit par “Allez, la messe est dite». Expression qui aurait pu être aussi interprétée par « Allez vers, la mission». A partir de là, cette invitation, voire cette injonction ouvre des possibilités totalement différentes. Nous ne sommes plus dans une position statique de recevoir une cérémonie Chrétienne, mais invités à un mouvement, celui d’une mission, de la recherche, d’une quête: celle de la Vérité et de la transmission.

Ecris, ma sœur Noen, le mot vérité au pluriel dans le sens vertical et faisons comme le font les enfants à l’école : à chaque lettre faisons correspondre d’autres mots. Tu remarqueras, alors, que l’on peut aborder le mot Vérité, par d’autres mots tout autant significatifs.

V             Voir – Vie – Vin (Ne dit-on pas « in vino veritas »),

E             Être, Aimer (en n’utilisant que le son … ) Equilibre,

R             Raison, Rude, Rage, Royal,

I              Intelligence, Intuition, initiation, Initiative, Itinéraire. On remarquera que le « I », la verticale est placée au centre du mot reliant ainsi le haut et le bas.

T             Tracé, Trancher, Toucher,

E             Evidence, Eveil, Elévation

S             Solution, Suite

L’armature du mot vérité, formée de la première lettre « V », puis de la lettre centrale « I » et celle de la fin « S », le « S » de serpenter, de sillonner, nous donne le mot « VIS », qui peut s’entendre de deux façons, vi(e) ou visse, dans les deux cas, la visse est bien l‘objet qui avance et s’enfonce dans la matière, quant à la vie, c’est l’espace dans lequel nous nous employons à la recherche de la vérité…!

Enfin pour terminer mon propos et pour t’apporter quelques grains à moudre rappelle-toi de ces extraits du livre de « Daniel Maurois Gévaudan » : « Libérer le Divin en toi ». Il y avait 17 questions … tiens voilà un nombre que nous venons justement d’aborder et qui fait référence précisément à l’Etoile  (cette de ton degré ?). Curieuse coïncidence puisque nous sommes aujourd’hui le 17ième jour du mois !!!

De ces 17 questions, j’en ai choisi trois pour toi. Elles te donnent bien à réfléchir et à méditer en ton fort Intérieur, devant le miroir, sans concession et sans excuse, celui de la vérité.

Les voici :

– Pourquoi crois-tu être venu sur Terre ?

– Penses-tu avoir une mission de vie à remplir et quelle est-elle ?

– Qu’as-tu fait pour y parvenir et en es-tu satisfaite ? Ou, au contraire si tu penses ne pas y être arrivée, que penses-tu avoir manqué ?

MAIS OU EST DONC LA VERITE…ET QUELLE EST-ELLE VRAIMENT ? Qui dit La vérité? Qui la connait réellement, qui est à même de la restituer dans sa pureté originelle, en toute objectivité ? N’oublie pas également ce que chantait Guy Béart “Que celui qui dit la vérité doit être exécuté… »

En notre incarnation, la vérité avec un grand « V » n’existe pas, nous nous contentons de petites vérités, que nous assemblons comme les éléments d’un puzzle.

Elle est faite de toutes ces petites vérités auxquelles nous cherchons des réponses. Mais y a-t-il vraiment de petites vérités ?

Car la VERITE me semble-t-il, doit être une et indivisible, incontestable, mais pas forcément définitive, car elle est probablement comme la vie elle-même, toujours en évolution, comme le cosmos est lui-même en expansion.

Nous ne pouvons projeter qu’un idéal de réalisation en essayant de tendre vers cet objectif à atteindre. Il en est de même du chemin en ascente vers LA LUMIERE, la Vérité s’y trouve et nous y attend….peut-être!

STEVEN MACON. GREER, médecin né en 1955, écrivit « L’expérience d’être d’un individu consiste à apprendre le suprême bonheur d’accéder au rien et de redevenir l’infini, et d’être néanmoins capable de jouir de l’existence et de la plénitude de la Création ».

La petite voix se tut …

 

À propos de Gérard Baudou-Platon

Gérard Baudou-Platon Président du Souverain Sanctuaire Khorshed de l'Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm. Mes Formations philosophiques: Mathématiques, Physiques, Sciences de la vie, Bouddhisme, Taoïsme, Gnosticisme et Rose-Croix ... Président du Centre d’étude sur les Civilisations Anciennes et Traditionnelles Sur le plan Profane: Ancien fonctionnaire de l'Administration des Postes, Télécommunications et de l'Espace (Administration Centrale) Ancien Chef de Service au GIE Caisse des Dépôts et Consignations et de la Caisse d’épargne de l’écureuil Ex Président de l'Association l'Albatros (Service aux personnes handicapées) Mes axes de compétences: Les Systèmes d'Information, l’Organisation des Entreprises , le Télétravail
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Une réponse à La Vérité

  1. charles dit :

    mon bien aime frere Gerard merci pour ce texte sujet difficile j`ajoute a ce que le boudha a dit .

    Ceux qui refusent d’aspirer à la vérité n’ont
    pas compris le sens de la vie.

    Il n’existe pas dans le monde plusieurs vérités différentes,
    car la vérité est une et identique dans
    tous les temps et dans tous les lieux.

    Béni soit celui qui fait de la vérité sa demeure.

    Si tu ne trouves pas la vérité là où tu es,
    où crois-tu donc pouvoir la trouver ?

    Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l’avoir
    entendu de façon répétée, ni du fait de la tradition, ni du fait
    de la rumeur, ni du fait que ça se trouve dans une écriture.

    Tout ce qui a un commencement a une fin.
    Sois en paix avec cette vérité et tout ira bien.

    Ne crois pas ce que je te dis. Ne rejette pas ce que je te dis.
    Ce qui restera sera ta vérité.

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